Ce 26 mars 2026, l’Amereve avait rendez-vous en face de l’hôpital Saint-André, devant l’église Sainte Eulalie, avec un guide passionnant, M. François Lalanne, du Conservatoire du Patrimoine,  qui, après des années de recherche des reliques, a participé du 15 au 23 mai 2018 à l’authentification des reliques des saints qui ont réintégré leur place dans l’église (buste de Saint Clair avec reliquaire, chef de St Clair dans sa boîte-reliquaire, parchemin authentique de 1661 avec vidimus de 1807, authentique des reliques de St Polycarpe). Un nouveau procès-verbal a été établi en 2018 après avoir retrouvé les reliques dans des sacs plastiques, dont certains contenaient des documents authentiques, sur parchemins scellés.

Une église  Sainte Eulalie est mentionnée au III° siècle, puis au VII° siècle, entourée  ensuite par un monastère fondé par le Roi Dagobert1°, dont le fils  Sigebert III a donné  à l’église la relique d’un bras de Ste Eulalie vers 630-656, donnant son nom à l’église, qui a été incendiée ensuite par les Sarrasins en 732.

Charlemagne fait bâtir une chapelle vers 811 (il y a une plaque commémorative en gothique, traduite ensuite en Français, où il est mentionné qu’il a fait déposer les reliques de 7 saints : St Clair, St Géronce, St Sever, St Babyle, St Policarpe, St Jean et St Justin). Reconstruite au XII° siècle, modifiée au XIII °et XIV° siècles, elle abritera le bâton de St Roch au XVI° siècle, réputé pour les lépreux qui avaient leur propre entrée au nord : la porte des lépreux. Le clocher a été détruit au XVIII° siècle par la foudre.

La chapelle des corps Saints est aménagée en 1639, les restes des martyrs étant authentifiés par le cardinal de Sourdis, qui organisera une procession  annuelle entre la cathédrale St André et l’église Ste Eulalie le jour de la fête du Saint, le 2 juin, et fait réaliser les châsses pour abriter les reliques. La grille  devant la chapelle est réalisée par Blaise Charlut, maître ferronnier, en 1751.

Un tableau représente le martyre de St CLAIR par décapitation (son chef figure parmi les reliques).

L’église a été remaniée au début du XX° siècle, avec suppression du portail gothique occidental, agrandissement de l’église et reconstruction de la façade occidentale.

Pour l’anecdote, l’église de Saint Léger de Balson, (351 habitants), près de Langon, des XII°, XVI° et XVIII° siècles, dédiée à Saint Clair, contient un buste de celui-ci  (l’original a été volé), un pèlerinage était effectué tous les ans le 2 juin en l’honneur du saint, et il y a dans le village une source avec 2 résurgences, dont l’une destinée aux pèlerins (sensée traiter des problèmes oculaires et de lactation), et l’autre aux cagots, communauté vivant dans le village depuis le XIII° siècle et accusée de porter la lèpre.

Merci  à M. Lalanne et à l’Amereve de nous avoir fait découvrir cette intéressante partie du patrimoine historique local.