Après-midi écolo-didactique pour les curieux de l’Amereve le lundi 18 mai 2026,avec un rendez-vous au siège des archives de Bordeaux Métropole, à Bordeaux-Bastide. Après une  rapide visite d’exposition de photos sur la vie Bordelaise au début du siècle dernier, on entre dans le vif du sujet, avec la présentation de la compagnie OLA, les 400 employés VEOLIA et SIVOM qui sillonnent les rues de la Métropole dès 5 heures du matin ou à 21 heures, en collectant les bacs de tri et d’ordures ménagères.

Puis on passe à l’Histoire: au Moyen Age, Bordeaux, encerclée de remparts, a ses ordures à ciel ouvert à chaque coin des rues, les cochons en liberté qui nettoient ces déchets, sont désormais bannis des rues. On récupère les peaux pour faire des cuirs, la graisse pour faire du suif(savons et bougies),les os broyés(colles),les chiffons pour faire du papier, les excréments pour faire de l’engrais.

En 1526 est nommé un capitaine des bourriers avec interdiction de jeter ses ordures dans la rue, la Jurade (ancêtre de la Mairie) organise le ramassage une fois par semaine par des charrettes du fermier des boues, avec des points précis de dépôt des déchets.

Les bourriers s’accumulent aux entrées de la ville aux XV° et XVI° siècles, ainsi que les marécages environnant, et les eaux du Peugue et de la Devèze, avec le risque d’épidémies, dont la peste. Des fouilles réalisées place Gambetta ont retrouvé des fragments de céramiques et d’objets métalliques. Malgré les règlements des Jurats ,peu de changements sur Bordeaux avec une rigole au milieu des rues, entraînant des résidus, rues qui  sont humides et fangeuses.

En 1674, le nettoiement de la ville est confié à un fermier des boues, chargé de faire passer deux fois par semaine des tombereaux tirés par des chevaux ou des boeufs, signalés par des clochettes, pour que les habitants sortent leurs paniers au son des clochettes; il est interdit de jeter dans la rue aucune chose, même de l’eau. Il y a 22 tombereaux, chacun marqué du nom du quartier, des amendes sont prévues pour les contrevenants. Près des chantiers de la Marine (Paludate) se trouve la cale aux bourriers:   (« dépôt des boues »),puis une aux Chartrons,  et en 1832 à Bacalan.

L’entrepreneur désigné par adjudication, prend en charge la collecte et l’évacuation des bourriers, le nombre de tomberaux passe à 30 en 1808 puis 45 en 1826 de 7h à midi et de 2h à la nuit. L’entrepreneur entrepose les produits destinés aux engrais sur 2 terrains, le reste va dans les cales à bourriers, évacués par des bateaux plats vers la région Libournaise.

De 1830 aux années folles; chiffonniers, regrattiers, ferrailleurs, municipalités, industries, scientifiques s’organisent pour valoriser les déchets.En 1885, le Maire de Bordeaux oblige ses administrés à se doter d’équipements spéciaux créés par Eugène Poubelle pour y déposer les déchets ménagers. Déclin du recyclage à la fin du XIX° siècle jusqu’en 1930 à cause de l’utilisation des fibres de bois pour le papier et non plus des chiffons, et l’arrivée des produits dérivés du pétrole (celluloïd, bakélite, plastiques).

En 1905, après un tri dans les cales aux bourriers, récupérant os, chiffons, papiers, métaux), les déchets sont transférés par gabarres dans des dépôts le long de l’Isle et de la Dordogne. Un régisseur à St Denis de Pile établit le cours des terreaux et les vend aux agriculteurs. En 1914, il reste 10 gabarres en mauvais état , la cale de Bacalan cesse son activité en 1918.L a Ville  évacue alors les ordures en remblaiement de terrains en périphérie. Il y a à Bordeaux(261 000 habitants) 147 tombeliers et 184 véhicules pour le balayage, l’arrosage et l’enlèvement des déchets au début du XX° siècle.

La vente des produits du nettoiement a été rationnalisée par les élus, encadrant les chiffonniers. Un marché aux puces se tient à Mériadeck, qui avait auparavant un marché aux boeufs( 1798),puis aux combustibles(bois, charbon).

En 1931,le Conseil Municipal fait le choix de l’incinération des ordures( système pressenti en 1898, puis 1912, mais laissé sans suite à l’époque)..Une usine d’incinération est créée en 1933., avec transformation de l’énergie thermique en énergie électrique. L’occupation de la seconde guerre mondiale arrête la production.

3 décharges contrôlées sont implantées à Bègles, Lormont et Bordeaux-Labarde et 3 usines de traitement à Mérignac, Bordeaux-Latulle et Floirac(avec fermentation accélérée).Création en 1926 de la TOM (taxe des ordures ménagères).

En 1951, la société  des engrais et amendements Bacterreau récupère l’usine d’incinération et transforme les gadoues en remblais ou en engrais. Bordeaux récupère  cette charge en 1967, puis la CUB créée en 1968; la décharge contrôlée de Labarde cesse en 1978, et les dépôts de portent au Bourgailh à Pessac en 1983(fermé en 1991, il est devenu un parc de loisirs et de sports).

Rive droite s’organise l’intercommunalité: SIVOM pour la collecte, l’évacuation et le traitement des ordures ménagères. La récupération du verre est expérimentée en 1976 à Caudéran. La collecte mécanisée voit le jour à Mérignac  en 1982 avec des récipients adaptés, avec généralisation à la CUB en 1986-1988. 9 centres  de recyclage sont créés.

L’usine d’incinération de Cenon est mise aux normes européennes, avec un essai de valorisation ultime des déchets par torche à plasma(stoppé en 2008 car trop onéreux) Bègles a un centre technique de l’environnement.

Le tri sélectif en porte à porte débute à Mérignac en 1994, étendue entre 1996 et 2003..